Jungle amazonienne, Colombie, 14h19._____Une jeune femme se trouvait au sommet d'une butte. Une silhouette élancée, un port altier, on aurait pu croire qu'il s'agissait d'une authentique aristocrate. Pourtant, sa tenue pour le moins hétéroclite, contrecarrait cette hypothèse. Un chapeau tyrolien posé sur le sommet de sa tête, un simple débardeur blanc, tâché de part et d'autres, un short militaire et le tout complété par des bottes digne des chanteuses de rock les plus en vogue. Un sac fixé aux épaules, une arme sur le flanc, la jeune femme reprit sa route dans le plus grand silence. En effet, qui s'amuserait à parler seul ?
Tâchant d'être le plus discrète possible, l'aventurière lançait des constants regards vers le sol, à l'affût du moindre piège, de la moindre branche sur laquelle il ne fallait pas marcher. Sortant une sorte de GPS, elle sût qu'elle se trouvait encore à une vingtaine de kilomètres du port de Puerto Obaldia. Se tournant vers le Sud, la jeune femme vit apparaître la majestueuse chaîne des Cordillères des Andes. Immortalisant ces instants dans sa mémoire, l'aventurière finit par faire volte-face et continuer son chemin.
Puerto Obaldia, Panama, 17h03._____Arrivée depuis peu à la destination voulue, la jeune femme s'autorisa à se reposer. Cela faisait des jours qu'elle était en forêt ou plateaux rocailleux, à pieds et seule. Ôtant doucement son sac de ses épaules, l'aventurière jaugea sa tenue. Souriant faiblement, elle se demandait ce que les gens avaient dû penser en la voyant débaquer, ainsi vêtue. Mais personne n'avait proféré la moindre moquerie ou reproche. S'asseyant sur une caisse à quelques mètres, elle but une longue gorgée d'eau. Puis, un homme vint à sa rencontre.
« Señorita Cox ?
_ Oui ?
_ Buenos dias. Je suis Giovanni. C'est votre patron qui m'envoie.
_ Enchantée Giovanni. Je viens justement d'arriver. J'ai rempli ma mission avec succès.
_ Parfait, señorita. Suivez-moi, nous allons discuter de votre rapatriement.
_ Merci Giovanni. »_____Suivant docilement Giovanni, Billie Cox pénétra à son tour dans une pièce faiblement éclairée. L'air y était irrespirable. La chaleur et les odeurs de sueur venaient chatouiller le nez de la jeune femme. Réprimant une grimace de dégoût, elle continua de marcher sur les traces de Giovanni. Il finit par s'arrêter devant un petit bureau, encombré de paperasse. Dégageant un siège, il invita Billie à s'asseoir.
« Votre employeur m'a fait livrer votre passeport, ainsi que de l'argent pour vous.
_ ( Prenant le passeport et la liasse de billets vert ) Merci.
_ Votre bateau partira demain, à midi. Soyez au port à l'heure et vous pourrez rentrer chez vous, Señorita.
_ Bien, j'y serais. Pourriez-vous me donner l'adresse d'un hôtel ou motel, peu m'importe, où je pourrais aller ?
_ Mon humble demeure est à votre disposition, si vous le souhaitez.
_ Non, je ne vais pas vous importuner. ( Se levant et ramassant son sac ) Merci Giovanni pour votre offre, mais je vais me débrouiller.
_ Très bien. Je vous souhaite un bon retour parmi les vôtres, Señorita.
_ Merci, au revoir. »_____Sortant enfin à l'air libre, Billie inspira de grande bouffée d'air. Elle était sortit assez précipitamment, sentant qu'elle allait finir par succomber à l'odeur infecte qui planait dans la pièce. Plaçant de nouveau son sac à dos sur ses épaules, Billie ne tarda pas à trouver un petit motel. Il y faisait, certes, chaud, mais l'air y était respirable. Réglant sa chambre pour la nuit, Billie se précipita sous la douche, une fois arrivée. Deux semaines sans une réelle douche, simplement des baignades dans les lacs et étangs rencontrés, avaient été une torture pour elle. Laissant le jet d'eau froide couler sur son corps, Billie sentit ses muscles se décontracter. Après une longue douche, Billie se restaura rapidement, puis s'immergea sous les draps frais avec un soupir de bonheur.
_____Coup de coeur :
An-unforgettable-night● ● ● Vos impressions sur ce premier article ? ● ● ●